San Pedro - Uyuni, 3 jours en 4x4
Uyuni, le 2 juin 2007
Nous voici repartis pour une excursion organisee en groupe, a croire qu'on y prend gout. Cette fois-ci, il s'agit de rejoindre Uyuni, en Bolivie, en traversant une partie de la region du Sud Lipez et du salar d'Uyuni.
On arrive en minibus a la frontiere bolivienne. Une petite maison et une barriere qui coupe la piste, beaucoup de vent, et tout autour de la poussiere, des cailloux et des montagnes. Au moins, on est tout de suite dans l'ambiance bolivienne.
Deux 4x4 Toyota qui ont deja vu du pays arrivent. Nous nous repartissons pour former deux groupes, et c'est parti !
Ce premier jour, le climat general est plutot du genre gros nuages, vent et brouillard. Nous arrivons devant la laguna Verde. Autant dans le 4x4 ca va, autant dehors il faut attacher sa ceinture si on ne veut pas se faire embarquer par le vent. Nous sommes aux alentours de 4300 metres, et quelques volcans qui depassent sans probleme les 5000 metres nous entourent.
Un peu plus loin, c'est la neige qui fait son apparition. Quand il y a trop de poussiere et de brouillard, la piste disparait completement, on a juste comme vision les essuie-glace et la deco du 4x4 sur un fond gris clair.
Apres une pause dejeuner pres d'une lagune, nous repartons. Le ciel s'est eclairci, mais le vent est de plus en plus fort. Le chauffeur me demande de tenir le pare-brise avec la main. Ah bon, pourquoi ? Explication, c'est parce que le vent est trop fort, et le vent plus les chocs de la piste, ca risque de casser le pare-brise. Ah oui, d'accord, bah je vais le tenir, alors ...
Et nous continuons a monter, monter, monter. Nous arrivons sur un site d'ou plein de fumerolles sortent de terre, nous sommes a 5000 metres. Effectivement, en faisant quelques pas dehors, le souffle est vite coupe. C'est une atmosphere formidable, on sent qu'ici on n'est pas chez nous. Les fumerolles sortent quasiment a l'horizontale a cause du vent, il fait froid, et partout autour c'est completement desole et desertique.
En fin de journee, nous arrivons a la laguna Colorada, a 4300 metres. Normalement, c'est une lagune aux teintes rouges, mais la, c'est la saison du blanc. Quelques lamas se nourissent aux abords de la lagune, et quelques flamants roses se trouvent pres d'un point ou de l'eau plus chaude sort de terre.
C'est ici que se trouve le refuge ou nous allons passer la nuit. Nous partons faire une petite marche pour nous degourdir les jambes et profiter du paysage si particulier. Le soleil insiste pour se montrer avant d'aller se coucher, et il arrive a donner quelques belles couleurs aux reliefs environnants et a la vegetation. Les flamants roses s'en moquent et continuent a chercher leur nourriture en patogeant dans la lagune. Comment font-ils la nuit pour ne pas geler ?
Apres une bonne soupe et un plat chaud au refuge suivis d'une partie de carte avec les compagnons de balade, nous partons nous enfouir sous les 3 epaisseurs de couverture, dans le duvet, tout habilles. Il est un peu plus de 21h et la nuit promet d'etre froide. Les flamants roses ont-ils de bonnes couvertures et de bons duvets ? Pas sur ...
Deuxieme jour.
Ce qui a change : notre chauffeur et son 4x4 sont repartis, remplaces par un nouveau chauffeur, Jose, et un autre 4x4, toujours un Toyota qui a vecu. Et il fait beau, le ciel est bien degage.
Ce qui n'a pas change : il fait froid, bien froid.
Ce matin, il y a des reveils difficiles. Certains n'ont pas ferme l'oeil de la nuit a cause de l'altitude, d'autres ont un mal de crane persistant. Nous, nous en sommes quitte pour un leger mal a l'estomac pour mademoiselle et un leger mal de crane pour monsieur, mais ca va bien. Et apres le petit dej, tout est rentre dans l'ordre.
En voiture Simone ! Ambiance musicale aujourd'hui, car Jose branche un petit lecteur mp3 (bah oui, meme dans le desert y'a de la technologie) sur sa radio.
Pendant la nuit, un peu de neige est tombee, et la piste ainsi que les alentours sont saupoudres d'une petite couche blanche. Un peu plus loin, voici que nous croisons quelques vigognes occupees a mager des cailloux (qu'y a t'il d'autre a manger par ici ?)
Nous arrivons a l'Arbre de pierre. Ce sont plusieurs formations rocheuses plantees la, au milieu du sable, sculptees et creusees par le vent et l'erosion.
Ensuite, presque classique : on monte vers les 4800 metres, on redescend un peu, on s'emerveille des payages uniques, et enfin on approche d'une lagune. C'est a ce moment que psscchhhhhiiiiiit, crevaison a l'arriere gauche. Bilan rapide par Jose : la roue de secours est a plat, et la pompe manuelle est a moitie cassee. Pas grave, Jose enleve la roue en attendant une solution. Et voila qu'un 4x4 nous rejoint. Salutations et echange de roue, et nous repartons en moins d'une demie-heure.
Nous parvenons a un ensemble de plusieurs lagunes, dont certaines sont glacees. Jeu du moment : jeter des cailloux sur la glace pour qu'ils glissent le plus loin possible.
Quelques kilometres plus loin, apres le passage d'une riviere et sous les yeux d'un troupeau de vigognes, re-psscchhhhhiiiiiit, cette fois-ci c'est l'arriere droit. Pas de roue de secours. Jose enleve la roue et demonte la jante avec des gros tournevis (essayez de faire ca chez vous tranquillement au chaud pour comprendre la prouesse du bonhomme). Arrive a ce moment le 4x4 de nos compagnons. L'autre chauffeur sort une chambre a air de son coffre et apres une longue operation regonflage qui necessitent plusieurs paires de bras ( et plusieurs poumons), on est gonfle a bloc et pret a repartir.
En apres-midi nous nous arretons dans un village fantome. Fut un temps ou le chemin de fer passait par ici, creant de l'activite. Aujourd'hui, il ne reste que des maisons vides, quelques familles qui n'ont pas pu partir, quelques chiens, un reservoir d'eau tout rouille et de vieux wagons a l'abandon. Atmosphere etrange ou quelques enfants arrivent a percer le silence de leurs rires.
Nous repartons et arrivons en fin de journee au village ou se trouve le refuge ou nous allons passer la nuit, au bord du salar d'Uyuni. Ici c'est confort, il y a meme de l'eau chaude (pour les premiers ...). Le coucher de soleil est de toute beaute ( ca change de magnifique ou de splendide). Un peu plus tard, tout prend une teinte un peu bleutee.
Troisieme jour.
Lever de bonne heure pour assister au lever de soleil sur le salar. Avec quelques membres du groupe, nous enfoncons notre bonnet et nous mettons les gants, puis hop, petite marche sur le salar pour se retrouver au milieu du desert blanc.
Nous revenons pour le petit dej, et on reprend le Toyota. Nous voici sur le salar. A perte de vue, c'est une immensite blanche, du sel, du sel, du sel. Au milieu de ce blanc, nous nous arretons pour admirer ce paysage incroyable. Le sel est dur et s'est cristallise pour former de grands hexagones. C'est l'heure de quelques photos betes.
Un peu plus loin, voici Incahuasi, l'ile des Pecheurs. Effectivement, c'est ici une ile, une bosse rocheuse entouree d'un desert de sel.
Partout sur l'ile poussent des cactus, et au sommet de la bosse, la vue sur le salar est panoramique ... sur les cactus et le blanc.
Jose nous emmene ensuite voir une exploitation de sel. Des hommes, couverts de la tete aux pieds pour se proteger autant du froid que du soleil et du sel, ratissent le sol pour faire des tas de sel. D'autres chargent les tas dans des camions. Le sel est ensuite vendu a d'autres, quelques kilometres plus loin, qui le sechent et le mettent en sachets.
Nous rejoignons un peu plus loin la terre ferme et approchons d'Uyuni, apres avoir visite un cimetiere de vieilles locomotives et de vieux wagons completement rouilles.
Ces trois jours ont ete formidables. Les paysages que nous avons traverse sont exceptionnels, le groupe etait sympa ainsi que les chauffeurs. Et le soir, la soupe chaude etait la bienvenue .
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